A - Sainte Estelle et Ostensions, l'histoire

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Consigne A - Sainte Estelle et Ostensions, l'histoire

Message  catsoniou le Lun 17 Juil - 20:28

Pas de consigne  estivale ou ateliers de l'été 2017 ?

Est-il interdit d'imaginer ? Ou plus exactement, mettre à profit les « us et coutumes » pour écrire une histoire à plusieurs volets ?  

Je peux parler d'évènements  se reproduisant  à intervalles réguliers pour les Ostensions, et à des dates indéterminées pour célébrer la Sainte - Estelle, ceci dans la bonne ville de Saint-Junien en Haute - Vienne où j'ai vécu quasiment vingt - cinq ans et participé à plusieurs reprises à préparer les festivités.

Je vois d'ici le froncement de sourcils des modos craignant un embarquement pour des rives où les questions tabous seraient abordées … Promis, juré : il ne sera ici question de politique que sous l'aspect anecdotique. Pour appréhender le lien existant entre  une municipalité dite ouvrière et des fêtes ayant quelques rapports avec la religion, permettez-moi de me référer aux érudits :

wikipedia.org/Ostensions_limousines

Les ostensions limousines sont une tradition religieuse et populaire, profondément ancrée dans l’histoire du Limousin puisque remontant à la fin du Xème siècle. Elles ont lieu à Limoges et dans plus d'une quinzaine de communes environnantes, principalement dans la Haute-Vienne. Elles se déroulent tous les sept ans, la dernière édition datant de 2016.

La huitième réunion annuelle du Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, qui s'est déroulée le 4 décembre 2013, a voté l'inscription des ostensions septennales limousines sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO.

La légende fixe l’origine de cette fête religieuse à l’an  994 alors que le Limousin, comme une grande partie de l’Aquitaine, se trouvait aux prises avec le mal des ardents, ou ergotisme , épidémie qui se déclenche à la fin des moissons. Cette intoxication est causée par la consommation de pain de seigle contaminé par un champignon parasite, L'ergot de seigle. Elle provoque une sensation d’atroce brûlure et d'hallucination (d’où l’appellation « ardent », du latin ardere, brûler), des crises de convulsions  et des spasmes douloureux, des diarrhées, des démangeaisons, des maux de tête, des  nausées  et des vomissements. Les malades ont également des  hallucinations  similaires en tout point à celles déclenchées par le LSD, et des troubles psychiatriques comme la  manie  ou la psychose.

Les chroniqueurs médiévaux  ont décrit en plus le noircissement, la nécrose puis la chute des mains et des pieds chez les personnes atteintes. Les morts se comptent par centaines. En 994, cette maladie est perçue comme un châtiment de Dieu. À  Limoges, les malades, venus implorer la protection divine, s’entassent dans les églises. Face à l’étendue du drame, l’évêque Hilduin et son frère Geoffroy, abbé de Saint-Martial, décident d’organiser un grand rassemblement autour des reliques de plusieurs saints limousins.

Le 12 novembre 994, après trois jours de prières et de jeûne, le corps de saint Martial, premier des  évêques de Limoges et protecteur de la cité, est levé de son tombeau, placé dans une châsse d’or, et porté en procession depuis la basilique du Sauveur (place de la République actuelle) jusqu’au mont Jovis, à l’extérieur des murailles. Cette colline porte ce nom qui signifie Mont de la joie depuis cette époque. Elle est située, aujourd'hui, en pleine ville de Limoges.

Le clergé, avec l’appui de Guillaume, duc d’Aquitaine, profite de ce fait exceptionnel et de cet inhabituel climat de ferveur pour conjurer un autre mal, jugé plus pernicieux que le mal des ardents : la guerre. Ils lancent alors un appel solennel au respect de la  « paix de Dieu », et amènent les seigneurs limousins à prêter serment, et à s’engager à faire régner la justice et la paix. La guerre doit être limitée aux combattants. Les populations et leurs biens doivent être respectés. Ceux qui ne respecteraient pas ces prescriptions seraient frappés d'interdit.

Parmi les communes ostensionnaires :
Saint-Junien : la ville de la ganterie honore saint  Junien du Limousin  et son maître saint  Amand  de Coly qui s'étaient retirés dans l'antique forêt de Comodoliac au  Vème siècle .

Ailleurs sur le NET

(…) La sainte-Estelle ou les Ostensions laïques


(…) A Saint-Junien, en 1985, la Sainte Estelle — fête annuelle du Félibrige — fut l'occasion d'une fête populaire de 3 jours organisée par la municipalité communiste.Celle-ci trouvait là une possibilité de surpasser — sur son propre terrain — la grande fête religieuse locale des Ostensions, et de rivaliser quant à la maîtrise de la production et de l'usage d'une image symbolique de la ville.

Trois jours  de fête dans une ville entièrement pavoisée  en  jaune et  rouge :  des centaines de guirlandes, oriflammes, drapeaux de papier et des milliers de fleurs de crépons. La ville avait été divisée en sept quartiers, chacun représentant une des sept « Maintenances »  ou « Provinces » du Felibrige. Les six quartiers extérieurs convergeaient vers le centre, censé représenter la septième maintenance, le Limousin. Le décor de chaque quartier s'ouvrait sur le boulevard qui suit le tracé des anciens remparts de la ville par une gigantesque maquette de toile peinte et de bois représentant un monument symbole de chaque province : le moulin de Daudet pour la Provence, le castelet de Perpignan pour la Catalogne, un volcan pour l'Auvergne …

Les instances locales du Felibrige étaient, parait-il , un peu dépassées par l'ampleur de la manifestation. La Municipalité,  fière de montrer ses réalisations avait mis les petits plats dans les grands pour accueillir dignement les diverses personnalités : notables limousins et les autorités du Felibrige, Majoraux, Capoulié* et Reine.

* Le Capoulié est celui qui détient la responsabilité première du Félibrige. Il est élu pour un mandat de quatre ans renouvelable par ses pairs, les félibres majoraux, ainsi que par les syndics et les délégués des maintenances. Il porte une étoile à sept branches, en or, insigne de sa charge. Il est aidé par un secrétaire général (baile), un trésorier (clavaire) et par des assesseurs (assessour). Frédéric Mistral fut le premier Capoulié du Félibrige.
 


Maintenant que voilà dressé le cadre de ces festivités traditionnelles, je suis à même de donner le sentiment d'un quidam ordinaire quelque peu interloqué par l'ampleur de ces coutumes locales.

Ce sera l'objet du prochain sujet  : du vécu et les anecdotes contées par les anciens ...


Une vue du cortège Ostensions 2016
(Notez le "ciel" de la rue : il symbolise la foret de Comodoliac
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catsoniou
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