JOYCE CAROL OATES

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Consigne JOYCE CAROL OATES

Message  Nerwen le Sam 19 Avr - 19:44

Aujourd’hui, mon coup de cœur ne concerne pas un roman, mais une œuvre, celle de la romancière, Joyce Carol Oates, l’un des plus grands auteurs américains contemporains. J’avais lu le roman Bellefleur il y a plusieurs années et, depuis, je n’en finis pas de découvrir toutes les facettes de son immense talent.

L’article de l’encyclopédie Larousse qui lui est consacré me paraît définir parfaitement les grands points qui caractérisent son œuvre : « L’œuvre pessimiste de Joyce Carol Oates est emplie de passions destructrices, elle dérange et fascine, tout comme la femme, avec une langue travaillée et musicale, des récits complexes et structurés, tantôt brefs, tantôt généreux, tantôt réalistes, tantôt fantastiques ou psychologiques, un ton tantôt drôle, grinçant, ironique, tantôt sévère, sans concession et des styles variés, mêlant différents points de vue, Joyce Carol Oates traite sans relâche de la violence humaine… A travers tous ses ouvrages, Joyce Qarol Oates tente de montrer la fragilité des choses, les petits évènements qui grippent les rouages de la vie, la bouleversant, voire la détruisant en soulignant les contradictions et les obsessions des hommes et des femmes, tout à tour victimes et bourreaux, sans juger, toujours avec un certain recul par rapport à la nature humaine. » Au cours d’un entretien récent Joyce Carol Oates déclarait « Si mon œuvre est parfois violente, c'est parce que je m'inspire de ce qui m'entoure. Je parle de la réalité, des difficultés, de tout ce que les gens ont à endurer, des surprises qui les attendent à un moment ou à un autre de leur vie. C'est souvent tragique. Mais avec cette envie de se battre, de surmonter toutes ces difficultés. Au fond, j'essaie toujours d'explorer le cœur humain, de raconter ses combats, ses victoires. »

Auteur prolifique s’il en est, forcenée de travail, son œuvre est riche d’une cinquantaine de romans, le double de nouvelles, de nombreux essais sur de sujets aussi divers que la boxe ou la littérature, des poèmes, des pièces de théâtre, un journal intime et des romans policiers écrits sous les pseudonymes de Rosamond Smith ou Lauren Kelly. Philippe Rey, son éditeur français, parle de « graphomanie exceptionnelle » et il ajoute : «Chez elle, c'est biologique. Vital presque.» Elle-même avoue : «Ecrire est… une drogue, douce, irrésistible et épuisante.»
A 75 ans, Madame Oates n’a pas cessé d’écrire depuis que sa grand-mère lui a offert sa première machine à écrire, elle avait 14 ans. A partir de là, l’écriture est sa vie, l’écriture et l’enseignement : elle est encore à l’heure actuelle professeur à Princeton et il n’y a qu’à lire son Journal tenu de 1973 à 1982 où elle parle de sa vie d’enseignante, de son mariage, de son manque d’instinct maternel, pour avoir son portrait intimiste en femme, écrivain, professeur, amie. « Dès le début j’avais convenu avec moi-même que ce journal resterait épisodique et spontané, et qu’il ne serait jamais corrigé ni repensé ; il recueillerait les impressions et les pensées vagabondes qui traversent sans cesse notre esprit, telles ces graines d’érable qui au printemps voltigent vertigineusement dans le vent ; il enregistrerait expériences et notes de travail, mais ne serait pas un lieu où médire des autres. »

De son œuvre tentaculaire, émergent pour moi plusieurs livres qui m’ont profondément marquée :
Les Chutes (Prix Femina étranger 2005) sur la tentation du suicide, la puissance de l’argent dans l’Amérique des années cinquante, la corruption et le puritanisme.
Blonde (2000), un roman poignant inspiré de la vie de Marylin Monroe.

Nous étions les Mulvaney (1996), une chronique de la déchéance familiale d’une famille catholique des années 70 et peinture féroce de l'hypocrisie d'une société où le paraître règne en maître.


Petite sœur, mon amour, une fiévreuse descente aux enfers au cœur de l’inconscient familial américain. A partir d'un fait-divers, jamais résolu, qui bouleversa l'Amérique - l'assassinat le soir de Noël 1996 de la petite Jon Benet Ramsey, six ans et demi, célèbre mini-Miss vedette de concours de beauté, l’auteur nous livre un roman bouleversant en utilisant tous ses ressorts préférés : la vanité féminine, la stupidité masculine, la famille dysfonctionnelle, l'angoisse du parvenu, le christianisme de charlatan, les dérives de la psychanalyse, le vampirisme des médias, l'incompétence de la police.


J’ai réussi à rester en vie, récit de son veuvage écrit l’année suivant la mort de son mari, Raymond Smith, en 2008.
Et j’ai en réserve comme une gourmandise dont on savoure à l’avance le plaisir que l’on va en tirer, son dernier (gros : 563 pages) roman paru en France, Mudwoman (littéralement «femme de boue»), elle y raconte l'itinéraire d'une présidente d'université dont l'exceptionnelle réussite tranche avec ses lugubres origines d'enfant abandonnée, dans les Adirondacks, dans le nord-est de l'Etat de New York. Un passé qu'elle met toute son énergie à refouler pour parvenir au sommet.
Peut-être le sujet d'un article quand je l'aurai lu ?
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Message  Invité le Sam 19 Avr - 21:13

J'ai tenté de lire "Les Chutes" : je n'ai pas réussi à "entrer" dans ce livre ! J'aimerais pourtant lire cette auteure dont on dit beaucoup de bien. A ton avis, Nerwen, par quoi commencer ?

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Message  Nerwen le Dim 20 Avr - 19:19

Pour faire connaissance avec la femme qui se cache derrière l'écrivain tu pourrais lire son "Journal (1973-1982)" dont les pages sont centrées sur l’écriture, son travail d’enseignante, les relations amicales et la vie quotidienne.
J'avais commencé par Bellefleur (j'ai un faible pour les "pavés"), mais avec le recul je conseillerai plutôt "Nous étions les Mulvaney" qui n'est pas mince mais constitue un très bon moment de lecture.
"Délicieuses pourritures" et "Viol, une histoire d'amour" sont deux romans courts.
Et si tu aimes les histoires où les êtres et les situations a priori familiers peuvent devenir d'inquiétants cauchemars je te conseille "Hantises" un recueil de nouvelles.
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Message  Invité le Dim 20 Avr - 22:27

Merci Nerwen.  flower  Je vais voir ce qui est disponible à la bibliothèque départementale. Je t'en parlerai après lecture.

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Message  tobermory le Lun 21 Avr - 10:04

De J.C.O, J’ai lu « Les chutes » et un recueil de nouvelles. J’ai trouvé « Les chutes » très impressionnant, l’auteur jouant magnifiquement de la sauvagerie des chutes du Niagara.
Je me suis promis de lire d’autres ouvrage de cet auteur. Quand je me trouve en face de ses livres, j'hésite à choisir vu le nombre. Ne pouvant tout lire, j'aimerais choisir les meilleurs. Donc merci Nerwen pour ces conseils !

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Message  Invité le Lun 21 Avr - 11:16

Je suis allée sur le portail de la bibliothèque départementale. Je pense que la plupart des œuvres de JCO y sont puisque j'ai trouvé ses ouvrages sur 4 pages. Mais, pour la plupart, ce sont des pavés. Et...les pavés, je n'aime pas trop. C'est fou : d'emblée, ça me rebute ! Je vais quand même en prendre un pour voir.  Wink 

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Message  tobermory le Mar 22 Avr - 9:25

Les romans volumineux ne me rebutent pas en eux-mêmes. Quand on aime une intrigue, des personnages, on a plaisir à ce que la lecture se prolonge. Et i souvent "l'épaisseur romanesque" s’accompagne de celle du bouquin. Par contre étant un lecteur plutôt lent et ne consacrant pas assez de temps à la lecture ( ça, c'est largement de ma faute), j'hésite souvent à me lancer dans ces pavés et je leur préfère les nouvelles ou les romans courts. N'empêche que je viens d'acheter "Confiteor" de Jaume Cabré : plus de 700 pages...
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Message  Invité le Mar 22 Avr - 11:07

Je lis aussi très lentement. L'avantage - et il faut bien qu'il y en ait un quand même - dès que je remets le nez dans un livre déjà lu - même depuis longtemps - immédiatement je sais que je l'ai déjà lu. Mon mari lit très vite, quant à lui mais ne se rappelle pas après.
Les pavés me rebutent surtout parce que souvent, les choses pourraient être dites de façon plus concise, je crois.
Pour toi Nerwen et toi Tober j'ai réservé à la bibliothèque départementale 3 bouquins de JCO ( qui ne sont pas des pavés ) : Le mystérieux Mr Kidder - Un amour noir - Les mystères de Winterthurn.

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Message  Nerwen le Mar 22 Avr - 16:25

Je n'ai lu aucun des trois. Tu me diras ce que tu en penses ?
J'ai oublié de signaler (mais il y en a tellement!) "Fille noire, fille blanche" d'un format moyen (380 pages) qui raconte l'histoire de deux camarades d'un collège prestigieux sur fond de tensions raciales de l'Amérique des années 70. Je l'avais beaucoup aimé.
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Message  Invité le Mar 3 Juin - 17:29

Nerwen : je viens de lire "Le mystérieux Mr Kidder" de JC Oates. Voilà un bref résumé et, comme tu me l'as demandé, mes sentiments sur cette lecture.
Katia, 16 ans, aussi effrontée que naïve, est nounou dans une riche famille américaine pendant ses vacances d'été. En promenade avec les enfants, elle s'attarde devant une boutique de lingerie sexy. Elle est alors accostée par un vieux monsieur très distingué qui lui dit : " Et que choisiriez-vous, s'il vous était accordé un souhait ?" S'enchaîne une conversation entre ces deux personnes que tout oppose. Et le vieux monsieur invite Katia à lui rendre visite. Elle n'hésite guère, bien que méfiante et découvre un homme riche, seul et artiste. Les rencontres se succèdent et Katia pose pour Mr Kidder qui la paie largement. D'étranges liens les unissent.
On pense, évidemment, dès le départ que Mr Kidder est un pervers et que des pensées lubriques et pédophiles l'animent. Rien, tout au long du roman, ne vient démentir cette impression d'ambiguité.
Puis, à la fin, on découvre les vrais desseins du curieux personnages qui sont très loin de ce que l'on pouvait imaginer.
Après avoir renoncé à poursuivre ma lecture de "Les chutes", j'ai quand même voulu connaître cette auteure et je ne suis pas déçue. Vraiment. Ce roman est envoûtant comme un conte de fées - assez singulier quand même - et déconcertant par sa fin "coup de théâtre". JCO est une habile magicienne !

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Message  tobermory le Mer 4 Juin - 10:00

Ta présentation très intrigante sur ce livre qui ne l'est sans doute pas moins, me donne très envie de le lire. D'autant que je vois qu'il figure dans les médiathèques que je fréquente.
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Message  Nerwen le Mer 4 Juin - 15:32

Merci de ton analyse, comme à Tober, tu me donnes envie de le lire.
Un autre de ses romans, "Le département de musique", publié sous le pseudonyme de Rosamund Smith,  m'a tenue en haleine jusqu'à l'épilogue final.
A partir d'une intrigue policière prenante, J.C. Oates y dresse le portrait de plusieurs personnages complexes et de leurs relations au sein du petit microcosme constitué des enseignants d'un conservatoire prestigieux. Au passage ,on découvre ce milieu où règne l'hypocrisie, le chantage, les faux génies... Le suspense reste entier jusqu'à la fin car les soupçons pèsent sur tous les personnages, y compris sur la narratrice elle-même.
Je viens de terminer Mudwoman et j'en parlerai bientôt dans un article un peu détaillé car il "pèse" quand même 563 pages !
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Message  Invité le Lun 16 Juin - 17:25

J'ai terminé hier "Un amour noir" de JCO.
La narratrice raconte l'histoire de sa grand-mère Calla, une rebelle indomptable que l'on dit folle, mariée à un homme qu'elle n'aime pas et dont elle a trois enfants, qu'elle néglige d'ailleurs. Ce n'est pas elle qui les a voulus dit-elle.
Elle tombe amoureuse de Georges, un diable d'homme de couleur. Un amour violent, axé sur le sexe, sur fond de racisme en ces années 1900 aux Etats Unis. L'issue est inévitable et bien sûr dramatique.  
J'ai aimé particulièrement l'écriture sans détour de ce livre. JCO aborde les sujets tabous de façon simple et directe. On est subjugué par le personnage de Calla, son désir de liberté, sa façon de dire : "je fais ce que je fais : et ce que je fais c'est toujours ce que j'ai voulu faire". Un personnage fier qui force quelque part l'admiration. En tout cas, la mienne !
Je commence vraiment à aimer JCO. Le prochain à lire est "Fille noire, fille blanche" dont je parlerai après lecture.

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Message  Nerwen le Lun 16 Juin - 22:01

Je pense que JCO est un auteur qui demande de la persévérance, mais son oeuvre est si diverse que l'on finit toujours par "accrocher" à un roman et ensuite la curiosité faisant le reste on a envie d'en lire toujours plus.
J'avais beaucoup aimé "Fille noire, fille blanche"
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Message  Invité le Mar 1 Juil - 17:40

J'ai lu, la semaine dernière, deux livres de JCO : Marya dont je ne parlerai pas - non parce que je ne l'ai pas aimé du tout mais ce roman est auto biographique et je l'ai trouvé un peu ennuyeux dans certains paragraphes - et "Fille noire, fille blanche" que j'ai, lui, beaucoup aimé par contre.
Schuyler College, côte est des Etats Unis dans les année 70.
Deux jeunes filles, étudiantes en 1ère année, partagent le même appartement dans la résidence universitaire.
L'une, Minette, est noire, plutôt antipathique et peu soignée,  boursière méritante issue d'une famille pauvre.
L'autre, Genna, la narratrice, est blanche, effacée et généreuse, descendante riche du fondateur de Schuyler College.  
Tout les oppose. Malgré les rebuffades incessantes de Minette, Genna ne capitule pas et tente d'apprivoiser sa co-locataire dont elle est la seule d'ailleurs à se préoccuper quand la jeune noire est victime de harcelement raciste.
Une phrase, énigmatique, revient souvent dans ce livre : "il se peut que certaines vérités soient des mensonges. Mais aucun mensonge n'est vérité." Elle s'explique en partie à la fin du roman dans lequel JCO décrit, toujours avec justesse, naturel mais de façon délicate, même si ambigüe parfois, la société américaine juste après la fin de la guerre du Vietnam : importance de la famille avec surtout la relation au père, ambiance en milieu étudiant sur fond de politique, racisme et religion.
Un roman facile à lire, prenant, où, comme dans "Le mystérieux Monsieur Kidder", le dénouement surprend.

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Message  Invité le Lun 7 Juil - 13:03

Je viens de retrouver dans ma pile de magazines "Lire" un article très élogieux sur JCO où l'on apprend que les Américains disent d'elle qu'elle est la 4ème sœur Brontë".
Je vais poursuivre mes lectures avec pas mal de ses romans que je viens de me procurer. J'en parlerai ici.

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