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Message  Charlotte le Jeu 15 Mai 2014 - 11:58


Frustration bis.

J’ai la naïveté folle de recroire au père Noël. J’ai donc demandé en mariage, mon psy ! Il n’a pas dit « non » il n’a pas dit « oui » non plus, il n’a rien dit du tout comme d’habitude. Première frustration !

Et pourtant j’avais mis le paquet et dans mon jeu, je n’avais que des bonnes cartes : des cœurs et des cœurs à perdre la raison. Le paquet ?
En mon for intérieur d’abord … en le conditionnant à l’aide de la méthode Coué et de citations comme « Qui ne tente rien, n’a rien » … donc fonce ou « audaces fortuna iuvat » … l’audace, c’est ton toc …vas-y

C ’est ainsi, qu’ en digne descendante de mes ancêtres romains, j’ai lancé en déployant mes armes ( mes chaussures à talons aiguilles) et mes charmes ( le décolleté plongeant de ma robe blanche) un « alea jacta est » avec tambours et trompettes pour traverser mon Rubicon, ma rue quoi . Les voisins s’en souviennent encore.

Il habitait tout en haut au dixième étage dans le donjon de la forteresse d’en face.
J’ai foncé, défoncé même presque, la porte en me rendant à mon rendez vous . Celle çi tardait à s’ouvrir malgré mes coups de sonnettes appuyés et répétés.

Monsieur n’a pas apprécié ces préliminaires alors que je n’avais même pas encore ouvert le bec, ni fait le moindre geste plus ou moins engageant. Je l’ai vu à sa tête, à son nez surtout qui remuait bizarrement.

Il m’a ordonné avec fermeté, sans façon et sans bonjour, à m’allonger sur le divan. Deuxième frustration.
Enfin, faut reconnaître que j’étais dans une position propice à l’action bien que lui par contre, se trouvant assis dans son fauteuil derrière moi, se trouvait hors de ma portée de vue.

J’avais la désagréable impression d’être en pénitence comme au sale temps de ma jeunesse à l’école au fond de la classe, face au mur. Troisième frustration. Mais je ne l’ai pas dit.

Le silence s’est installé et le prix à payer aussi, très cher .J’avais calculé en effet que la séance me coûtait environ 1euro la minute que je parle ou que je ne parle pas. J’ai alors pris les choses en main : je voulais en quelque sorte en avoir pour mon argent .

La suite de la séance reste confuse dans ma mémoire . Il semble bien que soulevée par une chaleur subite, je me sois partiellement débarrassée de mes artifices vestimentaires et que d’un bond je me sois précipitée vers lui pour l’embrasser… Ce geste d’affection spontanée sans préméditation resta inabouti car suspendu en plein vol par un « reprenez votre place » tonitruant , qui déclencha un atterrissage forcé d’urgence sur terre et plus précisément sur le divan. Quatrième frustration. Cela faisait 4 de trop .

J’étais complètement sonnée et crevais de froid. Heureusement une couverture bienheureuse trainait par là. Je m’y engouffrai mon honneur bafoué dans l’âme . Qu’ est ce qui avait cloché ?
Mes larmes qui n’attendaient que çà, se sont étalées en long et en large … en pénibles sanglots .Je m'aurais bien consolée si je ne le savais pas derrière moi à m'épier.

C’est après que j’ai fait ma demande en mariage…Quand j’ai arrêté de pleurer, quand le soleil est entré par la fenêtre de son cabinet, quand j étais bien rhabillée et coiffée ,quand j’ai senti que j’avais à nouveau toute ma tête , quand je me suis dit : « c’était maintenant ou jamais », quand je l’ai entendu ronfler….

C’est sans doute pour cela qu’il n’a pas répondu… il dormait !




Charlotte
Kaléïd'habitué

Féminin Humeur : joyeuse

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