Et mon goûter alors ?

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Consigne Et mon goûter alors ?

Message  Myriel le Dim 18 Jan - 17:43

11 janvier 2015... Lorient : 30000 personnes dans les rues. 30000 et nous 3 au milieu de tout ce monde, nous 3 : 1 adulte 2 enfants, 2 petites filles pas encore des adolescentes avec leur ressenti d’enfant sur les événements tragiques de Paris, leur regard d’enfant sur ce rassemblement, leurs questions d’enfant. Ho bien sur, Charlie Hebdo, l’attentat, la mort de toutes ces personnes, elles en ont entendu parler à la maison, à l’école, mais entre les explications des adultes et la compréhension des enfants il y a tout un monde.

A l’école, les professeurs leur ont parlé de liberté d’expression, leur ont montré des dessins, leur expliquant l’humour, parfois noir, grinçant, dérangeant de ces dessinateurs qui ne méritaient pas de mourir pour un coup de crayon. Je leur ai parlé de la violence qui n’est et ne sera jamais la réponse à tout, que l’amour doit être plus fort que la haine. Mais comment leur dire que si dans l’instant « je suis Charlie », contre la violence et l’intolérance :
Je suis aussi tibétaine, nigérienne, malienne, chinoise, palestinienne et israélienne,
Je suis SDF, rom, clandestin, chômeur,
Je suis femme, battue, violée, voilée, harcelée, méprisée,
Je suis la paix et la liberté,
Je suis l’amour et la vie,
Je suis un être humain.
Comment leur dire, à elles qui sont athées, que même si certains ont pris prétexte de la religion pour commettre cet acte ignoble, la religion ce n’est pas cela, c’est avant tout l’amour et le respect de la vie humaine…
Nous parlons donc des victimes et de leur famille, de ces personnes qui n’avaient que l’humour pour patrie et le stylo comme arme. Et ma plus jeune me fait remarquer que parmi ces personnes mortes pour un coup de folie, il y avait aussi un agent d’entretien qui n’avait eu que le malheur de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment, que si mourir pour un dessin c’était pas juste, mourir alors qu’on était là pour nettoyer c’était encore moins juste.
A sa façon elle avait compris l’importance de la vie, de l’amour, du respect des autres et n’avait pas perdu son sens de l’humour car dans un a-propos que les journalistes de Charlie Hebdo n’auraient pas désavoué, elle me dit : on marche on marche, mais le goûter c’est pour quand ?
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Myriel
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Féminin Humeur : Girouette

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