L'an dit "Cap"
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catsoniou
Amanda.
July_C
7 participants
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L'an dit "Cap"
Avec ton visage difforme au regard souvent délié, tu frappes et cries puis tu pinces et griffes. Assise au sol, sans cesse à rompre ces objets contre ton menton, je suis assise-là à te regarder faire et tous ces mots que je ne peux dire traversent mon corps de femme.
Je ne m’attendais pas à toi. Tu es arrivée sans même prévenir et éveilles en moi une émanation de sentiments contraires. Oh mais que peux-tu donc provoquer d’autre chez moi ?
Je ne savais pas quoi faire de toi… J’étais si jeune… Je ne suis pas ta mère, tu ne peux pas être ma fille. Et sur ce lit froid, je t’ai si souvent laissé pleurer sans sourciller. Je ne pouvais pas t’entendre car je ne n’arrivais même pas à te pleurer. Je ne peux pas m’identifier à toi, tu ne pourras jamais t’identifier à moi. Tu n’es pas celle que j’attendais… Je ne voulais pas de toi. Mais pourtant tu es là avec ce corps qui est le tien… avec notre vide et tous nos riens. Puis la pitié des autres se transforme en absence, les amitiés glissent vers le silence. Je suis seule avec toi à soutenir nos échanges, à tenter de comprendre ces goûts de rance.
« Qu’y a-t-il de beau en cela ? »
Sur le fil on se tient et tu maintiens dans tes gestes le peu de vie qu’il me reste. Puis le temps se remet en route lorsque mes doutes laissent place chaque jour à des grains d’amour que tu m’offres dans l’étreinte de tes sourires, dans l’apothéose de nos rires. De la rage au partage, les écueils que l’on cueille se transforment en tendresse et d’une douce caresse dans tes cheveux que je tresse, tu deviens Vie, je deviens Mère, oh sais-tu comme tu m’es chère ?
Ma tendre enfant, j’aime à penser que malgré nos colères, quand ta voix chantonne quelques airs, une idée désormais se dépose à l’orée de nos matins, à la floraison de nos lendemains « que le prodigieux spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime » dans nos deux cœurs qui enfin s’animent.
Je ne m’attendais pas à toi. Tu es arrivée sans même prévenir et éveilles en moi une émanation de sentiments contraires. Oh mais que peux-tu donc provoquer d’autre chez moi ?
Je ne savais pas quoi faire de toi… J’étais si jeune… Je ne suis pas ta mère, tu ne peux pas être ma fille. Et sur ce lit froid, je t’ai si souvent laissé pleurer sans sourciller. Je ne pouvais pas t’entendre car je ne n’arrivais même pas à te pleurer. Je ne peux pas m’identifier à toi, tu ne pourras jamais t’identifier à moi. Tu n’es pas celle que j’attendais… Je ne voulais pas de toi. Mais pourtant tu es là avec ce corps qui est le tien… avec notre vide et tous nos riens. Puis la pitié des autres se transforme en absence, les amitiés glissent vers le silence. Je suis seule avec toi à soutenir nos échanges, à tenter de comprendre ces goûts de rance.
« Qu’y a-t-il de beau en cela ? »
Sur le fil on se tient et tu maintiens dans tes gestes le peu de vie qu’il me reste. Puis le temps se remet en route lorsque mes doutes laissent place chaque jour à des grains d’amour que tu m’offres dans l’étreinte de tes sourires, dans l’apothéose de nos rires. De la rage au partage, les écueils que l’on cueille se transforment en tendresse et d’une douce caresse dans tes cheveux que je tresse, tu deviens Vie, je deviens Mère, oh sais-tu comme tu m’es chère ?
Ma tendre enfant, j’aime à penser que malgré nos colères, quand ta voix chantonne quelques airs, une idée désormais se dépose à l’orée de nos matins, à la floraison de nos lendemains « que le prodigieux spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime » dans nos deux cœurs qui enfin s’animent.
July_C- Kaléïd'habitué
- Humeur : qui vagabonde
Re: L'an dit "Cap"
July, c'est un texte bouleversant que tu nous livres là.
Tu décris sans fausse pudeur, tes peurs, vos vides et" ce goût de rance" Comme je te comprends et comme tu as du souffrir.
Et puis, dans la deuxième partie, le texte devient Vie, Tendresse...
Tu acceptes ton rôle de Mère et l'an dit Cap, un mot que perso je n'utilise plus, je préfère " différent", l'art d'être différent.
J'ai beaucoup cotoyé de jeunes et moins jeunes personnes différentes dans mon bénévolat et j'en garde encore un souvenir de tendresse et d'amitié.
Merci de te dévoiler à nous, cela n'a pas du être facile d'écrire ce texte
Tu décris sans fausse pudeur, tes peurs, vos vides et" ce goût de rance" Comme je te comprends et comme tu as du souffrir.
Et puis, dans la deuxième partie, le texte devient Vie, Tendresse...
Tu acceptes ton rôle de Mère et l'an dit Cap, un mot que perso je n'utilise plus, je préfère " différent", l'art d'être différent.
J'ai beaucoup cotoyé de jeunes et moins jeunes personnes différentes dans mon bénévolat et j'en garde encore un souvenir de tendresse et d'amitié.
Merci de te dévoiler à nous, cela n'a pas du être facile d'écrire ce texte
Amanda.- Modératrice
- Humeur : résolument drôle
Re: L'an dit "Cap"
Je m'incline devant ce courage, doublé d'un amour sans limite ...
Très beau texte ...
Très beau texte ...
catsoniou- Kaléïd'habitué
- Humeur : couci - couça
Re: L'an dit "Cap"
Très beau texte tout à fait émouvant qui m'interpelle beaucoup .Il exprime avec une touchante sincérité l'ambivalence des sentiments que traverse l'âme , le corps et le coeur d'une mère quand vient à naître d'elle un enfant handicapé . C'est douloureux, difficile, révoltant et puis...l'amour vient quand même.C'est beau beau à pleurer . J'ai une soeur qui vit ce même drame. Elle en pleure encore maintenant. Je ne connais pas une femme plus aimante qu'elle. Son enfant trisomique a près de 30 ans aujourd'hui.
Charlotte- Kaléïd'habitué
- Humeur : joyeuse
Re: L'an dit "Cap"
Un texte en forme de coup de poing, de coup de gueule, mais tellement sincère, et malgré tout porteur d'espoir...
silhène- Kaléïd'habitué
- Humeur : la meilleure possible....
Re: L'an dit "Cap"
Texte très émouvant, et si tu ne m'avais pas dit sur le chat l'autre jour que c'était pure fiction (ou tout du moins que tu ne parlais pas de toi) je n'aurais jamais pu l'imaginer tant c'est écrit avec le cœur
Admin- Admin
- Humeur : Concentrée
Re: L'an dit "Cap"
Si je n'avais pas lu le commentaire d'Admin, j'aurais mis un com bien différent.
L'écriture est une photographie des sentiments.
La peur, le doute, la honte parfois, et la culpabilisation, mais le courage de s'ouvrir et avant tout à soi. Un vrai miroir pour l'âme.
L'écriture est une photographie des sentiments.
La peur, le doute, la honte parfois, et la culpabilisation, mais le courage de s'ouvrir et avant tout à soi. Un vrai miroir pour l'âme.
Escandélia- Kaléïd'habitué
- Humeur : joyeuse
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